Histoire des handicaps et des handicapés |
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Ce récit de Jean-Pierre Chabrol est publié "Et puisque c'était mon père qui m'avait fait aimer le gentleman cambrioleur... Il faut préciser que c'était en 1936. Hitler était au pouvoir depuis quatre ans, Mussolini depuis plus longtemps. Par les photos, les reportages, insidieusement, s'infiltraient en nous, dans les lycées surtout, les idéaux fasciste et nazi, l'image de la jeunesse qu'ils prônaient, symbolisée par les mâles tout nus, exhibitionnistes de la gonflette, œuvres du sculpteur Arno Brecker dont chaque statue géante, d'une précision anatomique, semble aujourd'hui l'écorché de Stallone ou de Schwarzenegger. Donc, tout en savourant une délicieuse brandade de morue, le dos agréablement chauffé par le fourneau, je discourais... Les jeunes Spartiates lâchés à poil dans la nature avec un couteau, rien qu'une lame! Tous Tarzan! Et débrouille-toi, fils! Les ancêtres de Rambo, en quelque sorte. Tous beaux; tous costauds, forcément. Et savez-vous pourquoi les enfants de Sparte étaient tous des Apollons, des Hercule? Parce que l'État avait promulgué une loi très logique et très sage... Et c'est là, dans une allégresse d'émerveillement et de satisfaction, que j'ai lancé la phrase crue[le: - A Sparte, maman, papa, on tuait les nouveau-nés anormaux! Je me suis arrêté net. A cause du silence, un silence d'une nouvelle qualité, d'un poids accru, qui n'était plus seulement attentif. Parce que je n'ai pas compris sur-le-champ ce que je venais de commettre. Qu'est ce qui s'est passé? Rien sans doute. Qu'est ce qu'ils ont dit? Je ne sais, ma mémoire s'arête là tout net. Il me revient quand même une image, qui n'est pas une saynète familière, quand il y au dessert. Papa les saisissait une à une entre l'index et le pouce de sa main gauche et les brisait d'un coup, d'un seul, de son moignon.
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Dernière modification: 02 avril 2007 |