Histoire des handicaps et des handicapés |
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Le Moyen Âge est souvent marqué par une vision manichéiste de la réalité sociale : «aussi les sociétés sécrète-t-elle souvent des lieux de projection, des boucs émissaires, minorités réelles ou groupes imaginaires chargées d'incarner les forces du mal, de la corruption, de l'impureté et rejetés à ce titre hors de l'humanité. » Lydia Flem, "La sorcellerie", dans Le racisme, Paris,1985 Les handicapés peuvent être ces boucs émissaires, ils sont impures et rejetés. On rejoint ici la vision manichéenne que l'église a développé durant le moyen-âge. Il y a le Bien et le Mal, Dieu et le diable.le handicapée peut donc est considéré comme une créature du diable, ils seront alors mis au ban de la société. Mais on peut aussi considérer, à d'autres moments ou dans d'autres circonstances, que les handicapés sont là pour nous rappeler le péché originel et la juste punition que Dieu fait subir à certains hommes. En pratiquant une analyse sur le long terme, nous pouvons conclure que l'infirmité est liée à la misère du Moyen Âge au XIXe siècle. Et c'est par l'hospitalité dans les abbayes ou d'une manière générale par les ecclésiastiques que les infirmes arrivent à survivre. N'oublions pas que pendant des siècles la pauvreté a été la condition d'une grande majorité des individus. Être pauvre n'est pas faire partie d'un groupe d'exclus, mais c'est plutôt faire partie de la multitude. Il faut également souligner que, durant le moyen-âge et une bonne partie des temps modernes la population est essentiellement campagnarde, les villes ne regroupent que 5 à 10 % de la population. La religion constitue le mode de pensée de base et elle justifie le sort de l'homme, son acceptation de l'ordre du monde. Au Moyen Âge, la pauvreté, donc l'infirmité, font partie de l'ordre de Dieu. Comment un infirme arrive-t-il alors à survivre ? Grâce à des aides familiales, essentiellement, ou de voisinage, éventuellement de la charité paroissiale. Les infirmes sont considérés au même titre que les miséreux sur les routes et parfois les moins handicapées d'entre eux vivent de banditisme. Au Moyen Âge la tradition hospitalière est de deux types: le Hospice pour les voyageurs les pèlerins et les marchands et l'hôpital in fine 12 se pour les vieillards, les malades et les infirmes. Je il n'est évidemment pas question pour les infirmes de travail, d'intégration, ils vivent de la charité chrétienne les gens les plus riches considèrent qu'aider les pauvres est un moyen de racheter leurs péchés. Peu à peu avec l'apparition d'un premier capitalisme marchand, la richesse et le pouvoir ne sont plus liés uniquement à la possession de domaines fonciers. La richesse peut aussi résulter de la tisane à des corporations, et l'accumulation du capital va peu à peu introduire la notion de classe dans la société. Dès ce moment-là, l'infirme n'est plus simplement objet de charité chrétienne, mais il est laïcisé et moralisé. Il y a une partie de la population qui réussit par le travail, elle acquiert de l'argent, de l'influence sociale alors que, de l'autre côté, il y a le monde de la pauvreté de l'échec dont font partie les infirmes; l'argent devient alors un jugement de valeur sur les hommes. Au Moyen Âge, l'infirme était considéré sous deux angles, l'admiration et la répulsion. Avec la Renaissance, les temps modernes et le développement urbain, l'infirme devient porteur d'un message plus complexe lié au groupe : méfiance et pitié -- charité et répulsion; les infirmes ont le droit de mendier et contrairement aux mendiants valides qui eux sont punis de prison, les municipalités établissent des maisons hospitalières pour les pauvres les voyageurs malades et les infirmes. |
Dernière modification: 02 avril 2007 |